Manuel du serial killer

Mon impression:

Peu avant sa sortie officielle le 6 mars dernier, Le Manuel du Serial Killer de Frédéric Mars était déjà entre les mains de plusieurs blogueuses.

Son titre clair, ainsi que la couverture sobre m'avait donné envie de le lire; les avis donnés en avant première m'ont fait trépigner d'impatience.

Souvent, quand j'attend beaucoup d'un livre, je suis généralement assez déçue: le plaisir anticipé ne se concrétise pas. Alors, j'y suis allée tout doucement, à tatons, je lui ai laissé sa chance et ma foi, i y est parvenu le gredin!

La 4ème de couverture donne le ton: le narrateur est le tueur, il est même plus que cela, il est Le Serial Killer. On part de ce postulat et on se lance tranquillou dans la lecture avec cette pointe de curiosité qui nous titille les neurones: quel va en être le contenu?

Oui, mais ça parait simple, trop simple.

Nous suivons le narrateur, Thomas Harris (alors oui, pour les incultes comme moi qui n'auraient pas fait le parallèle, bien que les ayant lus, Thomas Harris est le géniteur-auteur de Hannibal Lecter honte sur moi, je sais)étudiant à Harvard dôté d'une malformation faciale (un voile blanc lui recouvre l'oeil), et doué d'un talent pour la rédaction. On apprend qu'il est orphelin depuis l'âge de onze ans, et que sa difformité lui a valu quelques railleries bien senties.

Par un concours de circonstances, il se retrouve désigné comme étant l'auteur du nouveau best seller: Le manuel du serial-killer; oeuvre qu'il considère comme abject et comble de malchance, le désigne comme étant le coupable d'une série de meurtres par empoisonnement sur des pré-ados.

Voilà que la machine judiciaire se met en marche devant ce coupable tout désigné, seule sa binôme Sophie Harris va croire en son innocence.

Et là où l'auteur est fort (enfin, pas seulement là mais j'y reviendrai) c'est, alors que tout désignait Thomas Harris comme le meurtrier (l'emploi du "je" lorsqu'il annonce fièrement qu'il va parler de lui et de la mort qui est en lui, juste après avoir décrit avec force détails la mort d'un bambin), nous arrivons à douter de sa culpabilité en se demandant quel{s} complot{eurs} se cache{nt} derrière cette sinistre histoire.

L'auteur utilise plusieurs tour de passe-passe pour nous intriguer, mettre nos neurones en ébullition, nous faire échaffauder moults scenarii pour démeler cet imbroglio: cela passe aussi bien par le titre des chapitres, que l'alternance des sources: narration de Thomas Harris, extrait des rapports de son psychiatre et ceux du fameux Manuel du Serial Killer.

Mais également par son talent rédactionnel: pas besoin de multiplier les scènes de sang (il y en a très peu même si la 4ème de couverture ou le titre pouvait le laisser supposer), son écriture sans fioriture, sobre et sa capacité à mener son intrigue tambour battant nous suffisent à faire naître cette attente, cette tension palpable à mesure que le roman avance, ce mal être face à cet individu dont on ne cerne pas la personnalité...

Et pour cause...lorsque la vérité sur Thomas Harris s'est affiché sous mes yeux, et bien je suis tombée sur le c** (bouh, c'est pas élégant tout ça)! Sidérée...CLAP CLAP bravo l'artiste....

Alors ce n'est pas un coup de coeur parce que comme je l'ai déjà écrit, je ne suis pas une fille à coup de coeur livresque  et que pour moi, une des conditions pour qu'il rentre dans cette catégorie (outre la magie qui s'opère entre le livre et moi et que je ne pourrai pas décrire) est que je puisse le relire avec autant de plaisir des milliers de fois: là, une fois que l'intrigue est dévoilée (surtout à ce niveau de maîtrise) et bien, c'est comme le cluedo, on n'y rejoue pas...

Mais ce qui est sûre, c'est que je le recommande vivement pour tous ceux qui veulent se prendre une grosse claque face à tant d'imagination!

Du coup, je sens que d'autres ouvrages de cet auteur vont rejoindre ma wishlist!

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