apres la rafle - weismann

Ce livre fut mien suite à une vente privée, la couverture fabuleuse, si triste et si belle à la fois, le titre, le thème, je l'ai mis tout de suite dans mon panier.

J'avais regardé le film La Rafle, j'avais eu mal, très mal, et j'ai pleuré énormément...non pas que j'aime me faire du mal, mais j'estime que c'est de ma responsabilité de me retrouver face à ces horreurs: toutes ces femmes, ces hommes, ces enfants, leur souffrance, leur calvaire...et ils ont la force de témoigner, de partager avec le monde ces années d'infamies...la moindre des choses est de les écouter...que tout cela ne reste pas dans un coin...le devoir de mémoire...

Je dois avouer également que depuis que je suis maman (depuis déjà 7 ans), je pleure face à la douleur des mamans, de leurs petiots, je la sens en moi, au fond de mes entrailles...alors ce film, ce livre...

Au départ, je n'avait pas fait le rapprochement entre le film et le livre (hormis bien évidemment cet évènement ignoble): en fait, le petit Joseph du film est le Joseph Weismann auteur de "Après la rafle"...

Dans ce témoignage autobiographique, Joseph Weismann nous raconte sa vie après la rafle (comme l'indique si bien le titre, tout en consacrant les premiers chapitres à sa vie avant la rafle puis la rafle elle-même).

On découvre un petit garçon plein de courage, mais de peur également, qui va se trouver confronté aux violences de certaines familles d'accueil, à l'espoir perdu d'être aimé, un petit garçon qui va trouver au fond de lui la force de grandir, de prendre une revanche sur la vie, de fonder sa famille, d'accepter que plus jamais il ne reverra ses parents et ses soeurs.

Ce jeune homme deviendra un homme avec pour seule devise "le bonheur droit devant"...occultant le passé, se jettant corps et âme dans le travail, dans sa famille, aimer ses enfants, leur donner tout l'amour dont il est capable et même plus.

Jusqu'au jour, ou il va comprendre que son passé, aussi douloureux soit-il, lui appartient, lui a permis d'être celui qu'il est aujourd'hui. Et surtout, que l'on ne peut pas bien vivre si on ne l'a pas accepté.

De cette constatation, de sa rencontre avec son ancien compagnon d'évasion, de celle avec Madame Simone Weil et ses deux années passées dans un kibboutz vont lui faire prendre conscience que le témoignage, le partage sont essentiels pour éviter que cela se reproduise.

J'ai été sensible, également, à sa façon d'écrire: pas de pathos, pas de longues phrases tarabiscotées...il écrit simplement ce qu'à été sa vie, sans fioriture...il pose les mots, il explique, il ne cache rien...

Une autobiographie boulversante mais pleine d'espoir...il croit encore en la France, son pays où il a du se battre pour faire son service militaire, obtenir ses papiers français...

Merci Monsieur Joseph Weismann de témoigner, de partager vos douleurs, de vous livrer à nous...

Ce livre a été lu dans le cadre de ce challenge en binôme avec Kprécieuse

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